
© Adobe Stock
L'année 2024 marque la fin du boom des levées des greentech. Ce secteur avait été l'un des principaux moteurs de la tech en 2023 puisqu'il enregistrait une hausse de 30 % de l'equity collecté, tandis que l'écosystème dans son ensemble poursuivait sa contraction (voir le Bilan venture 2023). Bpifrance publie sa quatrième édition de l’observatoire des greentech françaises à l'occasion de la cinquième édition de « Jour E », le rendez-vous annuel réunissant à Lille des entrepreneurs de cette branche. Elle répertorie 161 levées en capital-risque pour 2,2 Md€ collectés, contre 2,78 Md€ l'année précédente. Une baisse particulièrement due à la raréfaction des levées de plus 100 M€, passées de 1,3 Md€ à environ 760 M€ cette année. Ces grandes opérations sont les levées d'Electra (304 M€), de HysetCo (200 M€), de Newcleo (135 M€), techniquement devenue française après sa levée finalisée au Royaume-Uni, et de Elyse Energy (120 M€), dont le montant comprend equity, nouvelles OC, refinancement du précédent tour et conversion d'anciennes OC (à lire sur CFNEWSINFRA).
Montée en puissance des greentech sur d'autres points
Au-delà des levées, les greentech françaises affichent des signaux plus encourageants. « On constate que l'écosystème prend en maturité. Le nombre de série A et de série B a par exemple augmenté. Et depuis cette année, on mesure également le chiffre d'affaires de ces acteurs : celui-ci est en hausse d'environ 25 %, à 5,4 Md€ cette année », indique Paul-François Fournier, directeur exécutif de Bpifrance Innovation. Le nombre de sociétés innovantes agissant pour l'environnement (contribuant significativement à au moins un objectif de la taxonomie européenne) est aussi en croissance à 2 900, contre 2 750 l'année précédente, malgré la sortie d’une centaine d’entreprises du référencement, principalement en raison de liquidations ou de rachats. La banque publique indique d'ailleurs que l'ensemble d'entre elles salarient 55 000 personnes.
Divers secteurs
Selon Bpifrance, ces start-up se répartissent en six grandes verticales sectorielles : la protection des écosystèmes et transition environnementale (22 %), les nouvelles énergies (20 %), le verdissement de l’industrie (21 %), la mobilité propre (18 %), le verdissement de l’agriculture et agroalimentaire (13 %) et la construction durable (8 %). À cela s'ajoutent des caractéristiques transversales. Environ 20 % des greentech sont des deeptech et aussi 57 % de l'ensemble ont une vocation industrielle (à l'origine d'innovation de produits ou de procédés impliquant à terme une production en série). Et contrairement aux start-up Saas, majoritairement implantées à Paris, 70 % des greentech ont leur siège hors Île-de-France.