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Capital-innovation : les entrepreneurs de plus en plus actifs Accès libre

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Au centre de l’écosystème vc comme créateurs de sociétés, les entrepreneurs s’y insèrent désormais comme investisseurs, en direct ou comme lps. une relation qui doit trouver ses marques

Devenus investisseurs, les entrepreneurs ont pris un rôle déterminant dans le financement de l’innovation en France comme en Europe. Que ce soit directement comme business angels, ou réunis dans des véhicules dans lesquels les investisseurs privés occupent une place prépondérante, ou encore en tant que souscripteurs de fonds essentiellement institutionnels, ils apparaissent désormais incontournables. Au-delà de cette image, difficile cependant de mesurer l’ampleur réelle du mouvement. En amorçage, leur terrain de jeu naturel, ils sont omniprésents, tout comme l’argent public à travers les fonds FNA et le Fonds Ambition Amorçage (F3A) avec lesquels ils sont d’ailleurs invités de plus en plus à co-investir. On les retrouve même dans les gros tours d’amorçage de ces dernières années (voir tableau page 57), dont ceux d’Influans (6 M€ en deux temps auprès notamment de Pierre Kosciusko-Morizet) et d’AnotherBrain (10 M€ avec Antoine Blondeau (Sentient Technologies), Charles-Edouard Bouée (Roland Berger), et Philippe Oddo). Signe du fort attrait des entrepreneurs dans l’écosystème, « on ne peut plus monter un fonds sans dire que c’est un fonds d’entrepreneurs, note Thibaud Elzière, investisseur en direct mais surtout via son start-up studio eFounders. Il y en a tellement qu’il est difficile de les différencier. »

Les entrepreneurs Internet omniprésents

La montée en puissance des investisseurs privés s’explique notamment par l’augmentation du nombre et de la taille des sorties depuis quelques années, principalement dans le numérique et le médical, mouvement initié par la première vague de grosses ventes de sociétés techno il y a une douzaine d’années. Les plus actifs, en nombre d’opérations comme en montants, viennent surtout d’Internet, avec en figures de proue Xavier Niel (Iliad), Fabrice Grinda (Aucland, OLX), Christophe Courtin (Santiane), Thibaud Elzière (Fotolia, Ziloc), les fondateurs de Vente-privée. com (Jacques-Antoine Granjon et Michaël Benabou), de PriceMinister (Pierre Kosciusko-Morizet, Olivier Mathiot, Pierre Krings) ou encore de Criteo (Jean-Baptiste Rudelle, Franck Le Ouay). Si l’envie de rendre à l’écosystème entrepreneurial constitue pour beaucoup un moteur pour passer de l’autre côté de la barrière du financement, les néo investisseurs sont aussi poussés par des motivations un peu moins nobles mais tout aussi fortes. Ainsi, le mécanisme offrant un report voire une exonération d’impôt sur la plus-value de cession à condition d’en ré-investir au moins 50 % dans les deux ans a sans doute contribué à faire naître des vocations de business angels. Le profil de ces nouveaux venus tranche avec l’image habituelle du chef d’entreprise ou cadre supérieur retraité. « Nous voyons arriver de plus en plus d’entrepreneurs de trente ou quarante ans ayant fait une sortie et disposant de moyens importants », remarque Charles Degand, président de la plateforme communautaire AngelSquare.

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